Blog du syndicat FO des municipaux de Laval
Le SYSTEME d'AUBERT et la CENSURE
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La tribune de Force ouvrière a été de nouveau censurée dans le bulletin municipal interne "Laval Municipaux" (dit LAM...) du mois de novembre-décembre 2007.
Au total, c'est une bonne quinzaine de tribunes Force Ouvrière que M. d'Aubert et les agents de son système auront censuré en 13 années de mandat.
Le Vecteur Libre et Indépendant est, lui même, né d'un acte de censure en 1996 opéré par Jean-Pierre Bonet, le secrétaire général des services (qui avait rêvé de devenir journaliste !).
Autant de bonnes raisons pour publier, aujourd'hui, une grande enquête sur François d'Aubert et la censure.
D'Aubert, un homme de communication...
La
"Communication" fascine François d'Aubert depuis toujours : longtemps administrateur d'Antenne 2 en sa qualité de parlementaire, il avait aussi lancé "Radio Perrine" dans les années 80, aventure dont il se vante peu aujourd'hui.
Un article du Monde du 3 février 1988 raconte avec précision cette épopée des ondes digne des Pieds Nickelés : ce document est extraordinaire !
Une tolérance à géométrie variable...
Quand il est un opposant au pouvoir en place, qu'il soit local ou national, François d'Aubert n'a pas la même attitude que lorsqu'il est lui-même au pouvoir : dans le premier cas, il est volontiers impertinent, voire insolent ; dans le second cas, il est un censeur impitoyable, qui ne tolère aucune critique.
Chacun se souvient qu'il avait insulté le Président de la République l
e 1er février 1984 en l'attaquant sur son passé, ce qui lui avait valu une sanction, fait rarissime à l'Assemblée Nationale. En réaction, quelques semaines plus tard, le 1er mars 1984, il tient un meeting au parc des loges de St-Berthevin au cours duquel il proclame :
" Nous ne sommes pas là pour faire du cinéma mais pour témoigner de notre combat pour les libertés, notamment celle de la presse".
Concurrent d'André Pinçon à la mairie de Laval où il siège alors dans l'opposition, François d'Aubert dispose gracieusement de 2 pages dans le bulletin municipal, ce qui, à l'époque, n'était pas obligatoire, mais constituait un gage de démocratie. Depuis, l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales impose une expression de l'opposition dans les bulletins des collectivités : à Laval, elle doit, sous d'Aubert, se contenter d'une ½ page.
Mais à l'époque, d'Aubert est si virulent que le maire en place décide de supprimer cette tribune après 3 numéros, le 16 décembre 1983.
D'Aubert se répand alors dans la presse contre la censure. Ainsi, le Courrier de l'Ouest du 20 décembre 1983 rapporte :
"M. d'Aubert s'élève contre la suppression décidée par la majorité socialo-communiste de Laval des deux pages octroyées à l'opposition dans le bulletin municipal. Pour lui, cette décision n'est pas un hasard. On y retrouve... la volonté de museler l'opposition, le même refus du pluralisme. Après le contrôle du contenu des articles, déjà injustifiable dans un bulletin financé par tous les contribuables, c'est la censure de l'opposition, à laquelle on veut interdire de s'exprimer. Les lavallois auront compris : pour un socialiste ou un communiste, un bulletin municipal ne doit être qu'un bulletin de propagande".
Bien sous tous rapports...
La publication des rapports de la Chambre Régionale des Comptes sont également un grand moment pour apprécier sa conception de l'information à géométrie variable. Ces rapports, entre autres analyses, dénoncent, en effet, les erreurs de gestion de la municipalité en place.
Ces rapports doivent obligatoirement être distribués aux conseillers municipaux. Mais il est parfaitement démocratique que la population en prenne directement connaissance.
Début 1995, alors opposant, M. d'Aubert demande à la municipalité de l'époque de le publier intégralement dans le bulletin municipal :
Ouest France du 2 février 1995 :
"François d'Aubert : "Il faut informer tous les lavallois".
L'information ne doit pas être seulement transmise aux conseillers municipaux, selon François d'Aubert qui a souhaité une publication in-extenso du rapport de la Chambre Régionale dans le journal "Laval, la vie".
Extrait du Procès Verbal du conseil Municipal du 27 janvier 1995 :
"D'abord, une simple observation de forme : c'est un rapport qui mériterait d'être communiqué aux Lavallois. Puisque nous avons un excellent vecteur d'informations qu'est Laval la vie. Je proposerais que, dans le prochain numéro, le rapport de la Chambre Régionale des Comptes soit publié in extenso, même en tout petit, afin qu'il ne devienne pas un sujet de polémique mais que les lavallois puissent être correctement informés et, pour ce faire, le meilleur moyen effectivement est de le reproduire dans le bulletin ou la revue municipale".
Mais en 2003, c'est lui le maire, et c'est sa propre gestion qui est sévèrement épinglée. Son opposition lui fait alors, fort logiquement, la même demande le 31 janvier 2003.
Il n'en a rien fait, bien au contraire. Le bulletin municipal n°79, de février 2003 n'en parle même pas. Il cite de vagues études du Point et de l'Express qui classent les villes selon divers critères souvent controversés : ainsi le faible taux de chômage (qui est en fait dû au départ massif des jeunes).
Heureusement, en une étude approfondie de 45 pages intitulée "le petit d'Aubert illustré", le Vecteur Libre et Indépendant a communiqué ces rapports au monde entier, via internet.
La voix de son maître...
Maîtriser toute information, la domestiquer, est la spécialité de M. d'Aubert. Ainsi, pour les bulletins internes successifs de la Mairie à destination des employés municipaux. Un comité de rédaction est mis en place, mais les collègues dotés d'un esprit un peu critique en ont été soigneusement écartés. D'autres, pas forcément affidés au système, se lassent très vite.
Le comité de rédaction de "Services Compris", fin 1997
De même, les rédacteurs qui se succédent sont rarement des contestataires en puissance : il y a le gentil Alexandre Anquetil, neveu d'AGATHE, qui fut la sympathique animatrice de Radio-Perrine ; après un BTS communication, il avait obtenu une licence à Sciences-Com de Nantes, école privée fondée par Philippe de Villiers. Il y a plus tard une chargée de communication particulièrement courageuse et indépendante, qui aura beaucoup à souffrir du système, Catherine Delage, et préfèrera partir après 4 années. Aujourd'hui, d'Aubert a "normalisé" l'information : la responsable de la communication interne est tout simplement une responsable départementale de l'UMP.
Pour bien comprendre l'état d'esprit de M. d'Aubert, il suffit de relire notre commentaire de l'annonce de recrutement pour le poste de rédacteur du bulletin interne lors de la création de "Services compris", en novembre 1997.
Censure jusque dans le moindre détail...
De façon plus anecdotique, chacun se souvient que Jean-Pierre Bonet s'était fendu d'une note à tous les services afin de proscrire l'usage du terme "Centre Technique Municipal" pour désigner ce qu'il appelait "les ateliers Becquerel". Supprimer le nom, c'est déjà vouloir supprimer le service. Ce fut un échec : le terme CTM est resté dans tous les usages courants.
Tous n'en meurent pas, mais tous en sont atteints...
La censure ne se limite pas à la seule mairie. Ainsi, le Comité d'Animation du Bourny (CAB), l'une des plus grosses associations de Laval, a officiellement pris position le 17 octobre 2007 pour "dénoncer la censure" dont a fait l'objet un de ses textes qui devait être publié dans le journal du quartier "Les Nouvelles". Cet article dénonçait l'inertie de la Mairie face aux inondations subies dans le quartier, et les erreurs de conceptions de certains ouvrages censés y remédier. Dans Ouest-France du 8 octobre 2007, un responsable du collectif du Bourny raconte : "Le directeur de cabinet de François d'Aubert m'a dit qu'il y avait dans notre article des choses qui déplaisaient au maire tant sur la forme que sur le fond". Et donc l'article ne paraît pas.
Quand j'entends le mot...
A l'inverse, il est permis d'en conclure que ce qui est publié dans la presse municipale plaît au maire. C'est sans doute le cas pour ces articles élogieux sur certains écrivains de la première moitié du XXème siècle : Alphonse de Chateaubriant, Maurras, Drieu La Rochelle, publiés dans le bulletin municipal officiel de la Ville de novembre et de décembre 2000.
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Des intellectuels et des anciens combattants ont vivement protesté, s'insurgeant contre une telle apologie de ces écrivains qui furent antisémites et ont collaboré avec les nazis.
Mais là, d'Aubert n'a pas censuré...