Blog du syndicat FO des municipaux de Laval
La Ville de Laval a-t-elle pratiqué une expérimentation lors de la grève du 15 mai ?
Le 15 mai 2008, à 18h 15, alors que de nombreux cortèges de manifestants terminent leur parcours dans les grandes villes de France, au terme d'une journée de mobilisation des enseignants et de toute la fonction publique (d'état, territoriale et hospitalière), le président Sarkozy fait une
déclaration radio-télévisée. Pour déclarer qu'il prend en compte les inquiétudes exprimées tout au long de la journée ? Pas du tout ! il annonce une réglementation du droit de grève : obligation pour les enseignants grévistes de se déclarer 48 heures à l'avance, et instauration systématique d'un service d'accueil par les municipalités, mesure déjà en place sur la base du volontariat, et donc limitée aux communes UMP les plus dures.
A Laval, d'Aubert lui-même avait renoncé lors d'une précédente grève dans l'éducation, par crainte des réactions des syndicats d'enseignants et des agents territoriaux.
A Laval, le 15 mai, officiellement, la municipalité de gauche fraîchement élue ne met pas en place ce service minimum d'accueil.
Le Snudi-FO (enseignants FO) et FO municipaux Laval s'en réjouissent. Il est hors de question que les agents municipaux jouent les briseurs de grève vis à vis des fonctionnaires de l'éducation.
Mais dès le 16 mai, une rumeur circule : un service d'accueil aurait été mis en place dans les écoles privées avec l'aide de la mairie de gauche de Laval. Il est ainsi question d'un cadre du service enseignement qui aurait circulé dans les écoles privées pour dissuader les agents municipaux de faire grève. Des animateurs témoignent, sous couvert d'anonymat. Le Vecteur Libre et Indépendant décide donc d'enquêter et trouve la preuve. Reprenant par écrit ce qui leur a été indiqué par oral, des chefs d'établissements privés ont effectivement mis en place ce service minimum :
L'agent du service enseignement n'aurait pas agit sans ordre de sa supérieure. Elle-même s'est forcément fait couvrir par sa hiérarchie, à savoir la Directrice Générale adjointe des services à la population, qui est par ailleurs une ardente militante de l'UMP, au sein de laquelle elle anime la section mayennaise du parti pour la fonction publique. Est-ce là une manifestation de ce qui reste du Système d'Aubert ?
La DGA concernée mérite tout d'abord notre respect, car elle a le courage de ses idées, contrairement à certains personnages proches de d'Aubert qui, désormais, affirment haut et fort qu'ils "ont toujours été de gauche".
Mais s'il ne s'agit ni d'une initiative personnelle, ni d'un acte militant pro-sarkozyste, qui a donné une consigne discrète dont le résultat concret a été : rien dans le public pour ne pas fâcher les enseignants, action discrète dans les établissements confessionnels, malgré l'appel à la grève des syndicats d'enseignants du privé, pour contenter les parents d'élèves ?
En attendant, pour la grève du 22 mai, FO a été vigilant pour que l'on ne fasse plus croire aux agents municipaux qu'ils ne "doivent pas faire grève"…