Blog du syndicat FO des municipaux de Laval
La revue professionnelle "la gazette des Communes" du 19 mai 2008 consacre une grande enquête et prodigue de bons conseils sur les relations sociales dans les mairies après le renouvellement des conseils et des maires, sous le titre un peu pompeux :
"L'art du premier contact avec les syndicats".
Avec, comme intervenant d'honneur, un spécialiste : Patrick Ayache, DGS à Besançon, mais qui fut secrétaire général à la Mairie de Laval de 1992 à 1995.
Ayache : l'art qui venait du froid…
Chacun se souvient de lui : ancien membre
du Parti Communiste venu d'Argenteuil, il lança immédiatement à Laval plusieurs innovations toujours en vigueur, allant dans le sens d'une grande justice entre les travailleurs : pour le Directeur général des Services, et lui seul, un logement de fonction de haut standing, avec eau, gaz, électricité, téléphone, etc… gratuits, et la voiture de fonction haut de gamme avec options, y compris pour partir en vacances aux frais du contribuable.
Les bonne vieilles méthodes de la Nomenklatura…
Dès lors, le dialogue avec les syndicats et la recherche d'économies devenaient difficiles.
Les souvenirs de ses vacances dans la Roumanie de Ceaucescu ne l'influencèrent pas dans son action municipale : il lança un projet de privatisation du service d'eau qui mit dans la rue des centaines d'agents municipaux. Chacun se souvient du blocage du centre ville le 17 décembre 1992 (article de presse 1, article de presse 2)qui précéda l'abandon du projet et le retour des élus de gauche à une attitude plus conforme à ce qui avait été leurs convictions bien avant…
D'Aubert : du grand art !
Puis, sous les 13 années de mandat de François d'Aubert à la mairie de Laval, "l'art du premier contact avec les syndicats" fut surtout un art martial pratiqué entre un véritable "Système" autiste et des organisations syndicales dont les responsables ont payé chèrement leur courage et leur détermination.
Bonet : chapeau, l'artiste !
Patrick Ayache parti, son successeur Jean-Pierre Bonet accentua le mouvement : mise en surnombre de délégués syndicaux, contentieux multiples, vie paritaire tumultueuse, dialogue improductif, réorganisations en série.
Delory : l'art et la manière, marre et la lanière…
Avec Jean-Jacques Delory, la rigidité fut érigée en art, provoquant une situation de blocage absolu : mises au placard de responsables syndicaux, refus de toute concession empêchant le moindre dialogue, écoeurement dans de nombreux services…
Son attitude pendant les réunions des instances paritaires mériterait d'être relatée dans la gazette des Communes : il lisait ostensiblement le journal ou travaillait sur son ordinateur portable. Lors de l'avant dernière réunion du CTP, le 4 décembre 2007, des élus le lui ont discrètement mais vertement fait remarquer. Mais c'était bien tard.
Incontestablement, une des causes de la défaite du Système d'Aubert fut la longue dégradation des relations sociales à la mairie de Laval. Car derrière chaque agent municipal se cache… une famille d'électeurs…
Jean-Jacques Delory quitte Laval dans quelques semaines pour rejoindre Beauvais (Oise) : espérons qu'il aura lu et assimilé les conseils de Patrick Ayache dans la gazette des Communes sur "l'art du premier contact avec les syndicats". Reste à savoir si ce sera de l'art ou du cochon…
L'art nouveau va arriver…
Quant à son successeur qui arrivera au 1er juillet, Eric Guillou, en poste à Epernay (28 000 habitants), il ne fait aucun doute que la nouvelle prose de Patrick Ayache est son livre de chevet…