Un
collectif de citoyens lavallois et de partis de gauche a lancé une grande pétition "Non à l'augmentation des impôts locaux".
Ce comité a pour objectif "l'annulation de la hausse de 26 % de la taxe d'habitation et de la taxe foncière par le moyen de l'annulation des intérêts et des pénalités indus réclamés par les
banques à la ville et réalisés en accordant des "crédits toxiques"
qui ne sont
que des outils spéculatifs."
Ce collectif a rencontré le maire de Laval le 13 mars 2009. Le collectif souhaitait notamment que M. Garot s'associe à la démarche entreprise par son collègue Maurice Vincent, maire PS de Saint
Etienne, qui, confronté à une situation semblable, envisage d'aller devant les tribunaux pour obtenir l'annulation de ces crédits toxiques (voir article de presse).
Le Vecteur Libre rend public l'intégralité du contenu du compte rendu de cette rencontre,
établi par le collectif lavallois.
Il en ressort qu'il est manifeste que le maire exonère un peu facilement les banques ayant proposé ces crédits toxiques de leurs responsabilités dans la situation financière tendue que connaît la
Ville de Laval.
Son analyse des causes de la dette est la suivante :
"Le maire reprendra l'argumentation qu'il a maintes fois développée dans les organes de presse (responsabilité de la municipalité précédente sur l'aggravation de la dette de la ville,
explosion des frais de fonctionnement de + 2,5 millions d'euros entre 2006 et 2008, primes versées aux agents, augmentation des subventions aux associations, étalement de la dette en contractant
des prêts à taux structurés exposant la Ville à un retournement de conjoncture)"
Sur la question de l'importance des prêts toxiques, il indique :
"J'ai cherché toutes les solutions pour éviter ce "crève coeur" qu'est pour moi l'augmentation de 26 %, contraire à mes promesses de campagne, mais aucune solution crédible n'a été
dégagée.
Je m'emploie à renégocier les prêts pour "sécuriser" la dette.
J'ai fait le choix de consacrer mon énergie sur des projets porteurs pour la ville plutôt que d'engager une démarche près de la préfecture en entamant un combat que je ne vois pas gagnant.
Mon collègue de Saint Etienne n'est pas au bout de ses peines.
L'effacement des pénalités auquel je ne crois pas ne changerait guère la situation.
Pour moi l'urgent est de sortir la ville de la zone rouge."
Le maire de Laval en vient ensuite aux mesures qui lui permettraient de
sortir du rouge. Il détaille le contenu de son "plan de redressement" et notamment :
"- Maîtrise de la masse salariale et de toutes les charges. Le maire expose qu'il passe son temps à dire Non. Pour exemple, il indique que le matin même, il vient de refuser le retour à
temps plein d'une employée municipale à 90 %."
Enfin, nous avons pu relever à la lecture de ce compte rendu que le maire avait découvert la situation financière de la ville avec la publication du dernier rapport de la chambre
régionale des comptes.
On perçoit désormais mieux l'analyse qui est faite par la municipalité sur la situation financière. Il est clair que, pour elle, la variable d'ajustement essentielle sera le personnel
municipal, la "masse salariale" comme ils dénomment les fonctionnaires municipaux. L'Audit financier, du moins tel qu'il a été publié, était étrangement muet sur cette question
et l'on voit désormais se dessiner, par petites touches, la politique que va conduire la municipalité.
Dans le bulletin municipal, "Laval la Ville" n°6 de février-mars
2009 page 12, la municipalité commente son budget (avec, nous semble-t-il, une pointe de désolation concernant les salaires) :
"L'objectif pour 2009 est de diminuer de 4% l'ensemble des dépenses dites "charges à caractère général".
"Chaque euro dépensé doit être un euro utile pour notre ville". C'est un effort sans précédent qui est mené. Chaque poste a été passé au peigne fin pour éviter toute forme de gaspillage.
Au total, les dépenses de fonctionnement évoluent + 1,4% en 2009 ( contre + 4,3% en 2007). Une augmentation qui intègre la hausse des salaires décidée par l’État (+ 2%) et l’effort réalisé
en direction des associations...".
La modique hausse accordée par le gouvernement Sarkozy n'est que de 0,8% auquel s'ajoute le GVT (promotion, avancements, ancienneté...), si modique
qu'aucun syndicat n'a signé le projet d'accord. La municipalité de Laval a l'air de trouver que c'est encore de trop !!!
Rappelons que l'essentiel des augmentations de salaires réalisées en 2007 et 2008, donc sous M. d'Aubert, ne résultait
que de l'application de mesures statutaires nationales (restructuration de la carrière de catégorie C, amélioration des carrières de la catégorie B...), comme le Vecteur l'avait d'ailleurs
rappelé dans un article du 3 octobre 2008, intitulé "les bons comptes et les bons amis...".
M. d'Aubert avait également répondu favorablement à une demande unanime des organisations syndicales pour l'augmentation du régime indemnitaire de la seule catégorie C (les agents les plus
modestes) à hauteur de 30 euros par mois.
Quel paradoxe ! d'Aubert a maintes fois dénoncé l'attitude des banques, notamment le Crédit Lyonnais, écrivant des livres contre
"l'argent sale".
M. Garot refuse, pour sa part, de s'associer à un collectif lavallois pour dénoncer l'attitude des banques, qui pénalisent les contribuables de notre ville, alors même qu'elles sont
renflouées par de l'argent public !
Enfin, il convient de mettre un terme à une légende : M. Garot était parfaitement informé de la situation des finances de la ville, malgré l'opacité. De nombreux acteurs de la vie municipale
l'avaient alerté.
Dès 2003, le Vecteur avait publié un ouvrage de 45 pages intitulé "Le petit d'Aubert illustré", qui dénonçait les
pratiques financières du système.
Les fonctionnaires de la ville de Laval, pour beaucoup également contribuables dans notre ville, n'ont pas l'intention d'être la variable d'ajustement des finances municipales, et de payer
l'addition à la place des banksters !
Derniers Commentaires